Intelligence artificielle
Le Canada à l’honneur au Hannover Messe
Auteur
Hugues Foltz
Je reviens du grand salon de la technologie industrielle de Hanovre en Allemagne avec les yeux grands ouverts et l’esprit un brin bousculé.
Vous savez ce genre de voyage où tout va vite, où chaque pavillon que vous visitez vous donne un aperçu du futur… sauf que ce futur-là, il n’est pas si loin. En fait, il est déjà en train de s’installer, ici et maintenant. Et c’est un peu ça le Hannover Messe.
Cette année, le Canada était le pays à l’honneur. Rien de moins! Une reconnaissance prestigieuse dans ce qui est considéré comme l’un des plus grands salons mondiaux de l’industrie et de la technologie. Une vitrine incroyable, oui, mais aussi une sacrée responsabilité: celle de montrer ce qu’on a dans le ventre en matière d’innovation, de technologie et de transformation industrielle.
Et on ne s’est pas pointé à moitié: plus de 600 Canadiennes et Canadiens faisaient partie de la délégation. Des entreprises de toutes tailles, des représentants gouvernementaux, des chercheurs, des innovateurs, des curieux… Tous rassemblés sous une même bannière, dans un esprit de collaboration et d’ouverture. Et tenez-vous bien: près de 300 de ces entreprises venaient du Québec. De quoi être fiers de la force de frappe québécoise et de l’intérêt de nos entreprises pour la technologie.
L’IA partout, tout le temps
S’il y a un thème qui a dominé les conversations et les démonstrations cette année, c’est l’intelligence artificielle (IA). Il y en avait partout. Vraiment partout. Que ce soit pour optimiser la maintenance d’un équipement, améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment, guider des robots dans une chaîne de montage ou encore prédire les besoins logistiques dans une usine, l’IA est devenue omniprésente.
Pas en mode branché, mais bien en solutions concrètes, intégrées, déployées. L’Europe semble avoir passé la phase d’expérimentation: on est maintenant dans l’intégration à grande échelle. Et dans ce contexte, même pour nous qui travaillons dans le domaine, c’est impressionnant… voire un peu déstabilisant.
Il faut le dire: si on veut garder le rythme — ou mieux, le devancer — il va falloir accélérer. L’innovation mondiale ne ralentit pas pour attendre les retardataires. Les pays qui prennent de l’avance aujourd’hui s’assurent un avantage stratégique pour des années à venir. Et dans ce grand sprint technologique, il ne s’agit pas seulement d’innover, mais de commercialiser rapidement, de former nos talents et, surtout, de collaborer intelligemment.
Une mission fédératrice
Au-delà des technologies, ce qui m’a le plus marqué, c’est l’esprit qui régnait dans la mission canadienne. Voir autant de gens de provinces, industries et cultures différentes travailler ensemble, ça fait chaud au cœur. Et c’est exactement ce dont on a besoin en ce moment: de la cohésion, de la vision et un bon coup de pouce collectif pour propulser notre écosystème.
Des liens se sont tissés, des idées ont germé, des projets ont pris forme. Pour plusieurs PME, c’était une première incursion sur la scène mondiale. Pour d’autres, c’était l’occasion de solidifier des partenariats stratégiques ou d’explorer de nouveaux marchés. Dans tous les cas, ce genre de mission agit comme un catalyseur. Ça donne de l’élan.
L’ombre des tensions commerciales
Impossible de parler d’innovation internationale sans toucher au contexte géopolitique actuel. Même dans les allées d’un salon technologique, les tarifs douaniers américains faisaient partie des conversations. Avec les élections qui approchent au Canada et la montée d’un discours protectionniste, l’incertitude plane.
Et ça, les entreprises le sentent. Certaines hésitent à investir, d’autres cherchent activement à diversifier leurs marchés. Ce qui ressort, c’est un besoin de renforcer nos liens commerciaux ailleurs, notamment en Europe. Et c’est là que le rôle du Canada devient stratégique: on a la réputation d’être un partenaire fiable, agile et innovant. On a tout à gagner à bâtir sur cette image.
Ce que j’en retiens
Cette mission à Hanovre, c’était plus qu’un salon. C’était une prise de conscience. Le monde bouge, vite. L’IA change la donne, pour vrai. L’automatisation avance à grands pas. Et les enjeux économiques et politiques mondiaux viennent ajouter une couche d’urgence à tout ça.
Mais c’était aussi plein d’espoir. Parce que malgré les défis, le Canada a tout ce qu’il faut pour jouer dans la cour des grands. On a du talent, des idées, des ressources et un tissu entrepreneurial dynamique. Il nous reste maintenant à miser sur la vitesse, la collaboration et surtout, la volonté.
C’est le temps de passer à la prochaine étape. D’encourager l’adoption des technologies de manière responsable. De soutenir nos entreprises dans leur croissance à l’international. De créer un environnement propice à l’expérimentation, à l’audace et à l’innovation.
Et surtout, c’est le temps d’agir ensemble. Parce que si cette mission m’a appris une chose, c’est que l’avenir ne s’écrit pas seul. Il se construit en réseau, en équipe et avec beaucoup d’ambition.