Intelligence artificielle
ALL IN Montréal 2025: l’IA au service de la croissance des entreprises canadiennes
Auteur
Hugues Foltz
À la fin septembre, j’ai eu l’opportunité de participer à ALL IN 2025, un événement d’envergure portant de l’intelligence artificielle organisé par Scale AI au Palais des congrès de Montréal.
Avec quelque 200 conférences, plus de 6 000 participants venus de près de 40 pays et des acteurs majeurs de l’écosystème présentés sur scène, l’ambition était claire: faire de l’intelligence artificielle (IA) un moteur de croissance pour les entreprises canadiennes.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est cette assurance qu’aujourd’hui, l’IA n’est plus seulement un sujet de recherche académique, c’est une arme stratégique pour les organisations, qu’elles soient grandes ou petites. Et je suis convaincu que le Québec et le Canada sont en train de relever ce défi efficacement.
Un écosystème québécois qui parle aux entreprises
À ALL IN, j’ai vu l’écosystème québécois à son meilleur. Non pas limité au travail des chercheurs, mais résolument tourné vers l’application. Montréal, plus que jamais, s’affirme comme un pôle où l’innovation se traduit en retombées économiques.
On y a vu des entreprises québécoises présenter des prototypes d’IA opérationnels, des cas d’usage tangibles dans la chaîne logistique, le manufacturier, la santé et le commerce de détail. L’enjeu n’était plus de dire «voici ce qu’on pourrait faire», mais «voici ce que nous faisons déjà». Ce virage est essentiel pour convaincre les dirigeants. Il faut cesser de dire que l’IA est un pari risqué, mais qu’il s’agit plutôt d’un actif stratégique.
Ce que j’ai ressenti, c’est une fierté locale, mais aussi une responsabilité. Si nous voulons que nos entreprises tiennent tête aux grands joueurs internationaux, il ne suffit pas d’inventer: il faut livrer, «scaler» et produire de la valeur. J’ai vu de mes yeux un écosystème canadien qui a cette capacité, plus que jamais.
Scale AI: un acteur incontournable
Quand je regarde le rôle de Scale AI, je ne le vois plus comme une grappe classique de recherche et de financement, mais comme un moteur d’adoption pour les entreprises. ALL IN, qui fut créé de toute pièce par Scale AI, s’impose comme une manifestation tangible de cette vision.
Scale AI ne se contente pas de subventionner des idées novatrices, elle investit dans des projets où une PME peut collaborer avec un fournisseur technologique ou une start-up pour créer une solution d’IA sur mesure. Ce modèle atténue le risque pour les entreprises, car on ne leur demande pas de porter seules l’innovation, mais de s’intégrer dans un écosystème où les forces se conjuguent.
À ALL IN, j’ai eu l’occasion d’observer ce modèle à l’œuvre. Des démonstrations très concrètes, de nombreuses annonces de partenariats, des ponts entre entreprises traditionnelles et jeunes pousses en IA. Bref, le message est clair, vous n’êtes pas seuls, et l’IA n’est pas réservée aux géants.
La place de Cohere: un exemple canadien inspirant
Un des moments forts de l’événement a été la présence de Cohere. Pour ceux qui ne la connaissent pas, il s’agit d’une entreprise ontarienne spécialisée dans les modèles de langage et les solutions d’IA destinées aux industries fortement régulées comme la finance, la santé, le manufacturier et l’énergie.
Cohere était mentionnée parmi les partenaires vedettes de la programmation, aux côtés de noms comme NVIDIA ou Mistral AI. Sa présence n’est pas anodine, car c’est le signe qu’une entreprise canadienne de pointe peut occuper une place de choix dans la course mondiale de l’IA.
Dans différents panels, les cofondateurs de Cohere ont partagé leur vision sur l’IA responsable, les défis liés au déploiement de l’IA à grande échelle et les diverses opportunités de collaboration avec des entreprises canadiennes. Pour moi, Cohere incarne donc l’exemple parfait d’une réussite qui prouve que l’IA d’envergure mondiale peut aussi naître ici.
Un appui politique explicite
La présence de Mélanie Joly (ministre de l’Industrie) et Evan Solomon (ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique) a conféré à ALL IN une dimension stratégique, non seulement technologique, mais aussi économique.
La ministre Joly a prononcé le discours de clôture, affirmant que le Canada doit investir dans des grappes d’innovation pour moderniser ses secteurs industriels (chaîne d’approvisionnement, fabrication, technologies numériques). Le ministre Solomon, lui, a annoncé la formation d’un groupe de travail national sur la stratégie d’IA qui envoie un signal clair: le gouvernement fédéral ne veut pas seulement suivre, mais bien diriger en la matière.
Mais surtout, Evan Solomon a dit quelque chose qui m’a frappé, soit que le gouvernement est un levier de validation et un client puissant pour les solutions d’IA canadiennes. La référence directe à Cohere en partenariat avec le fédéral montrait que ces propos s’incarnent déjà dans la réalité.
À mes yeux, c’est un tournant majeur. Le gouvernement ne se cantonne pas à un rôle de spectateur, mais entre dans la partie pour propulser les entreprises canadiennes vers l’adoption de l’IA.
Mon opinion: On va l’avoir!
Quand je referme le chapitre de cette édition 2025, je retiens plus qu’un événement. J’y vois un signal fort. Montréal a prouvé qu’elle pouvait accueillir des gens de partout à travers le monde, mais surtout qu’elle a désormais la force de créer, ici même, des innovations en IA à fort impact.
Scale AI a aussi démontré son rôle clé pour accompagner les entreprises. Cohere a incarné ce rêve canadien de compétitivité en IA. Les ministres ont porté la perspective économique, en se positionnant comme acteurs et pas comme de simples spectateurs.
Pour moi, l’édition 2025 d’ALL IN a été un tournant décisif. Le Québec et le Canada ne se contentent plus de regarder l’IA se développer ailleurs. Ils s’imposent désormais comme des acteurs clés, bâtisseurs de solutions, de standards et d’infrastructures technologiques.
Pour les entreprises du Canada, je le réitère, c’est le moment ou jamais! Le monde accélère. Si nous voulons que nos organisations ne subissent pas, mais dirigent, il faut prendre cet élan, investir dans l’IA, bâtir en collaboration et penser grand.
Je suis optimiste et je crois sincèrement que nous avons les atouts pour réussir cette transition. Que ce soit à Montréal, au Québec ou au Canada, faisons de cette ambition un moteur de croissance.